Pour une recomposition de l’acte patrimonial

Le discours comme l’action patrimoniale, ne peuvent plus s’inscrire dans un scénario catastrophe, dont l’issue est connue d’avance.

La reprise du pouvoir par le particulier sur l’action patrimoniale pousse à un modus operandi qui n’est plus adapté aux contraintes du temps, de la complexité des lois de finance, et des aménagements successifs du code civil.

En effet, au gré des aménagements biannuels, annuels, quinquennaux du législateur, et des pas commerciaux, marketing, emboités par le dépositaire, les « réglages » maladroits peuvent conduire à des aberrations voire à l’échec. Dès lors, que faire ? Comment restaurer une forme de discours et de responsabilité patrimoniale ?

On ne peut, ni ne doit tout attendre d’une organisation.

En revanche la rencontre d’un professionnel et d’un particulier doit pouvoir rebâtir une action patrimoniale consciente, et cohérente, en un mot une de coresponsabilité.

Qui sait aujourd’hui ce que fait le dépositaire ? Comment juger de la qualité de son action, du bien-fondé de ses propositions, et de ses choix ?

Cette clarification est la première condition de l’efficacité de l’action patrimoniale, et avec elle ce qui permettra au dépositaire de s’engager pleinement dans son suivi.

L’action patrimoniale nécessite ensuite l’animation permanente des échanges.

Le théâtre de la décision ne peut être l’énoncé de pistes d’optimisation qui seront de toute façon ensuite revisitées de manière accessoire à chaque changement de « conseiller ».

Au lieu de quoi l’élaboration de plusieurs scénarios, de plusieurs stratégies, la mise en place d’actions cohérentes, les mises en perspective des bénéfices attendus, les impacts définitifs doivent constituer le seul et unique chemin à suivre.

L’action d’ingénierie patrimoniale est continue et le débat participe à l’action maitrisée.

Elle requiert une délibération permanente, non pas dans un débat corseté et organisé qui prépare la prise de parole et le programme commercial du dépositaire face au particulier, mais avec un échange qui permette d’infléchir la décision, de l’orienter, de l’adapter au réel.

Pour briser les règles, il faut d’abord les maîtriser.

To break the rules, you must first master them.

Enfin, dans ce contexte, le dépositaire n’est plus celui qui doit seulement proposer des produits. Il doit définir une vision personnalisée, des principes de gouvernance à débattre, mis en œuvre par autant de décisions patrimoniales qui sont celles de la pédagogie, de l’arbitrage et de la transparence permanents.

Il est temps de redonner au vrai conseil pédagogique sa place indispensable, afin d’éviter au particulier de 18 à 98 ans de danser l’inéluctable tango de la souffrance patrimoniale.

Le discours du dépositaire ne peut être seulement un discours technique qui égrène des produits.

A titre d’exemple, l’action patrimoniale sur la retraite n’est pas seulement technique, elle est aussi sociétale.

Si elle doit prendre en compte l’organisation complexe actuelle des 35 caisses de retraite et le faible taux de remplacement du futur retraité, elle doit aussi intégrer des phénomènes tels que l’émergence de la génération « slasheur », ou l’avènement transhumaniste annonçant la mort de la mort. Ces prérequis lui permettant de se positionner avec agilité sur la ligne d’arrivée.

Ainsi, tout particulier doit avec méthode et rigueur s’éduquer patrimonialement tout au long de sa vie, de 18 à 80 ans (application pédagogique, conciergerie d’entreprise, Think-tank familial). Il doit pouvoir « sereinement » envisager son rétro-planning patrimonial en visualisant la ligne d’arrivée, afin de mettre en place les actions nécessaires dès la ligne de départ. Et ceci, avec une farouche envie de prendre les choses en main, afin d’éviter des dommages collatéraux familiaux trop importants, et souvent déjà vécus par les générations précédentes.

Seule l’idéologie permet de remettre en cause l’entêtement technique, la réification d’états de fait ; seul le débat idéologique permet au dépositaire de reposer la question des finalités, c’est-à-dire la question même de sa légitimité, et de penser son action au delà des contraintes factuelles existantes.

L’idéologie, dans un système de gestion mature, est une condition même de restauration de l’action patrimoniale, au-delà d’un ensemble de produits, comme étant en capacité à proposer un autre monde et, ce faisant, à s’engager dans le temps au nom des principes.

Responsabilité, délibération et idéologie constituent en effet le triptyque d’un discours et d’une action patrimoniale réinventés. C’est cela qu’elle créé aujourd’hui et qu’elle espère pérenniser dans les prochaines années, pour les futures générations : la méthodologie d’ingénierie patrimoniale EXCEL MY FI® , avec une naïveté assumée.